Après avoir fréquenté plus de 12 écoles au cours de ma scolarité difficile, j’ai finalement réussi à obtenir un Bac Scientifique en 1999 ! 15 ans d’école pendant lesquels on m’a répété mon inaptitude à la scolarité et pendant lesquels ma dyslexie a été un énorme handicap. Elle est pourtant à l’origine de ma manière différente de voir et d'appréhender le monde qui nous entoure, ce qui aujourd’hui est un de mes atouts. 

 

J’ai pu entamer ensuite des études passionnantes d’arts graphique à l’école ESSAG Pennihnghen puis à l’ECV où je me suis spécialisé en création graphique et en communication visuelle. Mais ce cursus artistique a été interrompu par un grave accident de voiture en avril 2001. Il m’aura fallu plus d’un an pour retrouver mes capacités physiques ainsi que mes capacités de concentration. 

 

Pendant ma convalescence, j’ai rencontré un entrepreneur pour qui j’ai travaillé dans le domaine du mécénat et des évènements culturels. Les quelques mois prévus dans l’agence Lizarine se sont transformés en quelques années. En parallèle de ce travail, j’ai aussi suivi (par curiosité) une licence d’Art Sacré, elle aussi très enrichissante. Mais ma prédisposition pour le travail scolaire ne me permit pas d’en obtenir le diplôme. Au fur et à mesure de cette collaboration au sein de l’agence, je sentais qu’il me manquait quelque chose. J’ai cru que c’était la fin de mes études qui me faisaient défaut. Alors, non sans-peine, j’ai décidé de reprendre en novembre 2003, ma place sur les bancs de l’école au niveau où j’en étais avant mon accident, à l’école Intuit-Lab, école concurrente de l’ECV (Communication visuelle). 

 

En juin 2005, fort de mon diplôme, après avoir terminé les deux ans qu’il me restait, et après un passage dans les agences Tagaro puis Ogilvy, j’ai cherché une place en agence de publicité. Mes recherches se prolongeant et devenant de plus en plus difficiles, nous nous sommes organisés avec mon ancien binôme d’école pour nous motiver l’un l’autre dans nos recherches. A défaut de trouver des employeurs, nous avons trouvé des clients et des projets intéressants. Nous nous sommes associés pour créer Maistre & Claverie. Le magazine Stratégie a d’ailleurs primé une de nos créations pour Larousse. 

 

Après un an de travail, de brainstorming et de belles réalisations ensemble, j’ai finalement rejoint l’agence d’Arnaud Dassier : « l’enchanteur » en vue de travailler sur la campagne présidentielle de 2007. Mon binôme est lui parti en Norvège dans une grande agence. Pendant deux années éprouvantes et passionnantes, je me suis spécialisé en communication numérique. Pensant que le conseil et l’accompagnement des clients étaient ce qui me convenait, je suis devenu chez l’Enchanteur chef de projet et consultant en communication. Je travaillais autant sur des sujets politiques que sur des sujets de consommation et d’entreprenariat. Là encore quelque chose me manquait, une frustration qui se faisait de plus en plus présente. Frustration que je mettais sur le compte des défauts de ma hiérarchie.. Un changement s’imposait. 

 

J’ai donc voulu faire mes armes dans un grand groupe. Je suis rentré chez Publicis, dans l’agence Digitas en tant que chef de projet tout d’abord, puis directeur de projet avant d’exploser en plein vol avec mes dossiers. Je pensais que je trouverais ce qu’il me manquait en montant les échelons et en étant de plus en plus en contact direct avec les décideurs. Je n’y ai trouvé finalement que mes limites... 

 

Peut-être que le système français ne me convenait pas ? Il me semblait que dans le monde anglo-saxon je trouverai un meilleur terrain pour m’exprimer. Laissant ma femme et ma fille à Paris, j’ai pris mon balluchon en septembre 2008 et je suis parti à Londres chercher un monde meilleur. J’y suis arrivé en même temps que la chute de Lehman Brothers et la crise qui devait s’en suivre… Pour financer ces allers-retours et ma recherche d’emploi,  j’ai travaillé en tant qu’ « Handyman » dans un hôtel IBIS.  Un matin, au bout d’un mois de travail manuel (plomberie, électricité…), je me suis étonné du plaisir que j’avais à me rendre au travail. Tout y était facile et naturel, chaque problème insurmontable trouvait simplement sa solution. 

 

Après le Burn-out chez Publicis, et en parallèle de Londres, j’ai décidé de  faire un bilan de compétences et de comprendre les points de blocages professionnels avec un psychologue. Aidé par les personnes qui me suivaient en France, j’ai pu comprendre combien j’avais besoin de travailler avec mes mains, que la seule chose qui me manquait en création ou en tant que consultant était l’application manuelle. J’avais besoin de matière, de beau et de pérennité alors que professionnellement je partais vers le numérique, le conseil et la publicité éphémère. 

 

J’ai repensé à ce moment là, à tous les meubles que j’avais pu fabriquer avec une simple scie-sauteuse toutes ces dernières années. Tous ces meubles créés, inventés, très naturellement le WE lorsque je ne trouvais pas sur le marché ceux dont nous avions besoin (lit superposé, table d’architecte, canapés, puis dernièrement une table-console). Force était donc de constater qu’il me fallait un travail où je puisse réfléchir avec mes mains, il fallait que ce dernier soit créatif et soit dans un domaine d’excellence, cette vocation était au bout de mes doigts, à portée de main : Ébéniste Créateur. 

 

Lors de mon bilan, il a d'ailleurs fallut que je réfléchisse à l’épitaphe que je souhaiterai.
J’ai alors écrit : “Ses mains pensaient, quand l’esprit travaillait”. 

 

En septembre 2009, j’ai donc entamé ma reconversion, j’ai eu la chance de rentrer à l’école Boulle grace au Greta. La formation y a été passionnante même si le coté scolaire à pu à nouveau me causer quelques soucis : je n’ai pas pu m'empêcher de modifier les plans imposés de la table louis XV que nous devions faire. J’y ai rajouté un tiroir secret et j'ai du coup modifié toute la structure. J'ai à nouveau failli me faire virer... Durant la formation, j’ai aussi travaillé dans deux ateliers : Ateliers St Joseph et les Ateliers Rinck qui ont été des expériences très fortes, j’y ai appris énormément. 

 

Pendant cette période il a fallu non seulement financer ces études mais également contribuer à la vie de la famille qui s’était encore agrandie. J’ai donc continué à faire du conseil en communication, j’ai également renoué avec une de mes premières passions : la photo que j’avais beaucoup développé en travail d'étudiant. Je commençais aussi à prendre des commandes de meubles notamment pour ma table-console que j’avais déjà vendu en plusieurs exemplaires avant ma formation. 

 

A la sortie de l’Ecole Boulle en 2011, j’ai eu l'opportunité de réaliser un gros chantier en même temps que plusieurs commandes de meubles pour des particuliers. Le bouche à oreille commençait à se faire. J’ai donc créé ma structure SAS LoNoCo en juillet 2011. Ma démarche est d'étudier les problématiques et les désirs des clients et de dessiner avec eux la réponse qu'ils n'attendaient pas.
 
 
Aujourd’hui, le bouche à oreille continue son travail à tel point que je ne peux plus répondre à toutes les demandes. J'étudie les solutions pour m’agrandir en embauchant. Tout se passe si naturellement, si facilement, j’ai l’impression que je pourrais soulever des montagnes. Pour l’instant, ce sont des montagnes de bois et de copeaux, mais j’espère que l’importance des chantiers que l’on me confiera continuera à croître comme c'est le cas depuis maintenant depuis 2 ans et demi.